Après la réunion du comité de vigilance JOP 2024 du dimanche 10 mars.

L’initiative publique du comité de vigilance JOP2024 rassemblant de nombreuses associations et collectifs dionysiens a permis à ce que chaque association ou collectif porteurs d’une question qui touche à l’aménagement du territoire du Village olympique au secteur de la Plaine Saulnier devant accueillir le CAO, aux mobilités, à l’enfouissement de l’A1, à la reconfiguration du diffuseur à Pleyel, à la défense du parc de la Courneuve, aux pollutions puissent exposer leur remarques, propositions ou alternatives et les partager avec plus de 100 personnes le tout dans une grande qualité d’écoute et cela pendant plus de 3 heures.

En cela c’est déjà une réussite et un atoût pour la suite tant et cela a été souligné à maintes reprises la construction d’un rapport de force est indispensable pour peser face aux institutions, à un titre ou un autre en charge des JOP 2024, de leur mise en œuvre, de leur accompagnement : Paris 2024, le COJO, la Solideo, la ville de Paris, la Métropole du Grand Paris, le département.

Mais aussi Plaine Commune et la l(es) ville(s) qui ont déjà pesé dans le dossier de candidature.

La construction d’un rapport de forces rassemblant élus et habitants est indispensable.

Et il faudra en apprécier vite le périmètre commun pour être plus efficace et obtenir des résultats sur ce qui n’est pas encore acquis (voir ci-après), et dissiper l’idée fausse d’intérêt forcément convergents ou divergents entre toutes les parties ou d’un point de vue également partagé par tous les élus et sur tous les sujets. Il n’en est rien.

L’ensemble de la démarche, chaque sujet doit être évalué, discuté, amendé, amélioré, rejeté au regard de quatre critères :

1) Le projet répond–il aux impératifs de la transition écologique et solidaire

2) Le projet met-il en péril des biens communs que ce soit à court terme ou à long terme ou obère-t-il des projets futurs ?

3) Le projet accapare-t-il ou détourne-t-il des biens ou des ressources publiques pour des intérêts privés ?

4) Le projet améliore-t-il les conditions de vie, le cadre de vie, met-il en œuvre des politiques inclusives ou discriminantes pour les habitants ?

A cet égard si une vision d’ensemble reste indispensable et les modes de concertations réglementaires sujets par sujets très insatisfaisants, il est indispensable de traiter dans le détail chaque objet.

Ils sont nombreux.

J’en choisirai pour l’instant trois illustratifs de problématiques différentes. 

1) Un projet à rejeter : le village des médias, l’urbanisation de l’Aire des Vents, les épreuves de tir en proximité du Vallon écologique

Sur ce point, il n’y a pas de doute, pour chacun des critères ce projet n’a pas lieu d’être dans sa forme actuellement envisagée. Un village des médias temporaire, éphémère est suffisant, le parc est un bien commun tout comme la biodiversité qui s’y déploie.

Sur ce point une clarification politique est nécessaire. Avec qui et contre qui mène-t-on cette bataille pour la préservation du parc et son extension ?

2) Un projet loin d’être stabilisé, à repenser : le secteur de la Plaine Saulnier, le CAO.

A ce stade le projet soumis à la concertation est loin d’être satisfaisant. La taille du parc est très insuffisante, porosité du secteur avec le nord (continuité urbaine et paysagère en direction de la Maltournée, quid du traitement de la rive sud de la Maltournée ?)

Quid de la Porte de Paris après la suppression des bretelles : un vrai sujet) . Tout cela reste à travailler, à débattre, idem en direction du sud (percement de la A86), idem le traitement du boulevard Wilson, la programmation, bureaux, logements restent largement à repenser. L’enjeu actuel est de ne pas figer un schéma des espaces publics obérant la suite et le futur d’un secteur qui ne peut être “urbanisé” avant… 2026/2027.

Concernant la vente du terrain par la ville de Paris : quid du positionnement des élus parisiens FDG, Insoumis et EELV sur ce sujet ? Avec qui mène-t-on la bataille ? Quelle stratégie de remise en question d’un protocole qui souffre de ne pas avoir fait l’objet d’un partage, d’une transparence avec les habitants ?

3) Le village olympique. Obtenir plus et mieux.

Si entre le projet de candidature et le schéma des espaces publics qui se dessine on peut constater un progrès en terme de trame verte (près de 7 hectares), de continuité et de connexion avec le parc des Docks de Saint-Ouen, cette opportunité doit être saisi pour un réaménagement des berges jusqu’à Epinay.

Le seul aménagement des berges sur le périmètre d village ne peut constituer un héritage satisfaisant. L’enfouissement des lignes à haute tension est acquis et financé, le réaménagement des berges ne doit-il pas être une des priorités du Fonds Héritage ?

C’est aussi un enjeu de mobilités actives dans un cadre repensé le long de la Seine comme cela a été souligné par l’intervention de la représentante de Paris en selle.

La sanctuarisation d’une partie de l’emprise de la Cité du cinema contraint aujourd’hui le projet qui pourrait être amélioré en bénéficiant d’une partie de cette emprise. Il reste peu de temps pour lever cette contrainte. Comment faire collectivement ?

D’autres sujets ont été abordés : spéculation, prix de sortie des futurs logements, l’accès aux pratiques sportives, l’emploi, le logement étudiant, les capacités des transports en communs (la ligne 13 !), les pollutions, le diffuseur Pleyel, l’importance de la Seine, le périmètre de sécurité durant les jeux et la liberté de circulation pour les riverains, l’avenir de Supméca… plus généralement ce qui touché à une mutation du territoire métropolitain.

Je reviendrai sur une partie de ces enjeux dans un deuxième temps.

A ce stade et pour reprendre les mots d’un intervenant : “Il ne faut pas se tromper d’ennemi”.

Je partage pleinement cet état d’esprit. Les JOP 2024 sont une opportunité, ils recèlent un potentiel de transformation, d’amélioration, d’accélération de projets pour le territoire. Il faut faire le tri entre le bon grain et l’ivraie.

Passer l’ensemble au tamis de critères partagés. Définir des objectifs communs pour peser ensemble sur les décisions.

Une autre page du territoire est en train de s’écrire. Elle incombe à tous. Habitants et élus. L’enfouissement de l’A1, définie comme un objectif majeur est sans aucun doute le futur horizon, par delà 2024, que l’on doit viser.

J’y reviendrai.

Michel Ribay, maire-adjoint Climat/Air/Energie
et quartiers Pleyel/Confluence et Porte de Paris.
Saint-Denis (93200) Établissement Public Territorial Plaine Commune.
Vice-président du SIGEIF (ENR et réseaux de chaleur)

Publicités