A Saint-Denis, l’Etat laisse tomber les enfants malades

À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un enfant atteint de troubles psychiques doit attendre un an pour être pris en charge par le service de pédopsychiatrie. La situation va encore s’aggraver en raison d’un plan d’économies drastique, sans comparaison en France, qui frappe l’hôpital Delafontaine. Car en catimini, le gouvernement fait des économies sur les soins aux patients précaires. Enquête sur une discrimination territoriale.

C’est l’heure des départs en vacances, la conversation s’éternise sur le pas de la porte. La psychomotricienne explique avec douceur à une mère que la structure est menacée, qu’elle ne fonctionnera peut-être plus à la rentrée. La mère lui assure qu’elle fera « tout ce qu’il faut » pour que son enfant reçoive des soins. Elles se quittent avec le sourire, la situation est grave pourtant. Le centre médico-psychologique de la rue Poullain, à Saint-Denis, suit 71 enfants, âgés de quelques mois à 6 ans, qui présentent des troubles envahissant du développement, s’apparentant souvent à de l’autisme. Ces enfants ont des difficultés de langage, des difficultés à créer du lien, à reconnaître l’autre. Ils sont souvent agressifs, ils épuisent l’école, leur famille. Ils devraient être pris en charge de manière « précoce, spécialisé et intensive », explique la psychiatre Sarah Stern, qui travaille depuis douze ans dans le secteur de pédopsychiatrie de Seine-Saint-Denis. C’est elle qui a créé ce centre « avec une certaine idée du soin ».

Lire ici la suite de ce reportage de Caroline Coq-Chodorge dans Mediapart

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