Retour sur la présentation du projet Universeine à Pleyel. Espaces verts ici ou là. Collaboration entre collectivités ou guerre juridique larvée ?

La présentation du projet Universeine et sa restitution dans le journal de Saint-Denis ont suscité quelques commentaires sur le site du JSD. J’y réponds ici, le nombre de signes étant très limité dans la partie commentaire des articles du JSD.

Commençons par la remarque de Mourad très déçu de la disparation de Pierre Quay Thévenon comme élu du quartier et qui s’écrie « Rendez-nous PQT » au motif qu’« il ne se passerait plus rien dans le quartier depuis son départ ». Mourad devrait être plus attentif à ce qui se passe dans le quartier.

Commençons donc par des données brutes : depuis mars 2014, pas moins de 16 réunions publiques se sont tenues sur le quartier, d’une nature variée, dont certaines réunissant plusieurs dizaines de personnes et jusqu’à 55 personnes pour la présentation du Plan local d’Urbanisme. Réunions de quartiers, comité de suivi du projet urbain Pleyel, comités espace public, présentation de projets immobiliers (Universeine, Ozone), réunion à Confluence, réunion d’accueil des nouveaux habitants de Néaucité passée et à venir.

Sans compter des dizaines de rencontres de proximité menées par la directrice de quartier et une journée de travail complète sous forme d’ateliers avec les habitants pour construire le projet de quartier.

Mourad, bien au fait maintenant des réunions passées sur le quartier où il aurait pu exprimer publiquement son grand désarroi, devrait à, présent pouvoir aborder les mois qui viennent avec plus d’entrain : atelier de travail sur le projet urbain en mai, 5 réunions mensuelles déjà programmées jusqu’en janvier 2016 du comité de suivi du projet urbain, avec entretemps une réunion sur l’objectif de reconquête des berges de Seine.

Revenons donc à Universeine et aux interrogations soulevées sur ce projet. Le projet initial d’abord.  Porté par Vinci Immobilier et la Caisse des dépôts (SAS Ampère), dans la foulée de la Cité du Cinéma, sur un foncier vendu par EDF, ils entendaient réaliser un programme monofonctionnel de bureaux. Aujourd’hui et après discussion/négociation sur la base des attentes de la collectivité ce projet accueillera 330 logements avec une programmation variée de typologie (social, accession), des commerces (très attendus dans le quartier), une résidence étudiante (gérée par un bailleur social), un hôtel du numérique de 7000 m2, « vaisseau amiral » des 15 000 m2 voués aux activités emblématiques du Territoire de la Culture et de la Création, plus d’1ha d’espaces verts et une contribution significative (en millions d’euros) de l’opérateur aux équipement publics générés.

L’ensemble s’articulant autour d’un axe de mobilité transport en commun/mobilités actives de la Place Pleyel jusqu’à l’éco-quartier fluvial de l’Ile-Saint-Denis. Alors peut-on faire mieux, plus ? Plus de logements ? Moins de bureaux comme évoqué lors de la réunion de présentation ? Comment financer les espaces publics ? Les espaces verts ? Comment disposer du foncier pour les réaliser ? Quelle densité dans le développement de la ville ? Hauteur des bâtiments ? Autant de questions légitimes qui émergent et d’autant plus actuelles que nous sommes en période de concertation sur le Plan Local d’urbanisme.

Dans le contexte économique actuel, dans celui du droit qui régit la maîtrise du foncier, certains à l’image de Mourad (que personne ne soupçonne d’être un représentant patenté des « couillons du village ») invoque la préemption au titre des outils juridiques pour maîtriser les terrains, s’agissant des remarques du sieur Suger au sujet du terrain appartenant à la ville de Paris, où est implanté le centre de recherche de GDF Suez.

Si la ville utilise les outils existants, préemption, déclaration d’utilité publique en direction de personnes privées ou morales il est d’usage, ce sont les us et coutumes que les collectivités collaborent, négocient, s’entendent, développent des projets en commun, à tout le moins composent plutôt que de s’affronter aux moyens d’outils juridiques fussent-ils utilisables. Dynamique de projets communs ou guerre de tranchées ?

Entre nous soit-dit, la valeur des biens est estimée aujourdhui par une structure indépendante et la valeur d’un terrain est évaluée au regard de son potentiel, des droits à construire et non au regard d’un principe qui pourrait être celui de l’intérêt général, par exemple de la nécessité de réalisation de parc urbains.

Droit de propriété et valorisation foncière vont de pair. Rassurez-vous Mourad et Plainard, je n’ai pas viré ultralibéral, le seul libéralisme que je défends c’est celui du libéralisme politique, du pluralisme des opinions. Ce qui m’évite de disqualifier a priori mon interlocuteur comme cela semble être votre manière de faire. Votre côté Pol Pot n’est pas compatible avec mon libéralisme (tendance Benjamin Constant).

Je le dis et persiste : La Plaine et Pleyel ont besoin d’un, de plusieurs parcs urbains. Où et comment les financer, les réaliser, là est la seule et vraie question.

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