L’humour contre l’obscurantisme. La liberté face à la terreur.

Ce 7 janvier s’annonçait comme une journée normale dans un pays présidé par un président normal.

La veille, un écrivain dont on ne peut contester un certain talent littéraire était sur les plateaux télévisuels pour la promotion d’un roman épousant la thèse d’un autre écrivain : celle du « Grand remplacement ».

Celui-ci y déclarait :  » Aujourd’hui l’athéisme est mort, la laïcité est morte, la République est morte. »

Au matin du 7 janvier sur les ondes de France Inter, la même rengaine était resservie.

Une Charlie

En fin de matinée, animés de la haine de l’athéisme, de la laïcité et de la République deux ou trois assassins pénétraient dans les locaux d’une rédaction pour venger l’honneur d’un prophète et au nom de Dieu massacrer des hommes, des femmes pétris d’humour et fous de liberté. De notre liberté de rire et de penser. Leur dernière victime, achevée de sang-froid, portait un uniforme de la République, un fonctionnaire dont on ne connaît à ce jour que le prénom, Ahmed.

La République n’est pas morte n’en déplaise à notre écrivain qui courre les plateaux télé. Comme le fait qu’un policier s’appelle Ahmed n’est pas plus la preuve de la théorie du « Grand remplacement » cher au second écrivain passé en quelques années de l’obsession antisémite à l’islamophobie la plus débridée.

La liberté d’expression ne se divise pas. La force, le fondement de la République c’est de défendre la liberté d’expression, une valeur où ont droit de cité l’ignominie, l’irrévérence ou le blasphème.

La République, fille des Lumières, de Voltaire et du Chevalier de La Barre.

C’est ainsi qu’elle publie Céline, Brasillach, Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, Honoré, Maris et les autres.

Une des premières victimes de cet obscurantisme religieux élevé aujourd’hui au rang de barbarie porte le nom d’un écrivain sous protection policière depuis des décennies : Salman Rushdie.

L’humour de Luz, épargné dans ce carnage, lui rendait hommage en mettant Charb en scène sous ses traits dans le numéro du 26 septembre 2012.

Charb:Rushdie par Luz

Que dire de plus ? L’hommage le plus respectueux qui peut leur être rendu serait de continuer à clamer haut et fort que la littérature, un trait de crayon ne tuent pas.

Le poison obscurantiste, la haine oui.

Prenons garde aux tueurs et à ceux qui veulent profiter du crime pour répandre la haine. Les vents mauvais commencent déjà à souffler, une sale petite brise Marine va enfler.

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