« L’écologie non punitive », l’entourloupe de ceux qui ne veulent pas d’écologie du tout. De l’abandon de l’écotaxe (Royal) à l’assouplissement du code de l’environnement (Macron).

Ils sont légion ceux qui ne cessent de se réclamer d’une écologie qu’ils ne veulent pas « punitive ». S’il s’agissait de prendre des mesures ayant une portée écologique et sociale en luttant contre les inégalités, on ne pourrait que souscrire à l’intention mais le mot est si mal choisi (L’écologie pourrait être une punition et non une solution) que les véritables intentions sont évidentes : ne rien faire ou si peu quand on fait.

Taxer le diesel pour faire reculer la prédominance de cette motorisation sur le parc automobile français et réduire l’impact sanitaire lié aux émissions de particules, vous n’y pensez pas.

Mettre en place l’écotaxe pour appliquer le principe pollueur-payeur, générer des recettes pour accélérer des infrastructures de transport à plus faible impact écologique et favoriser le report modal sur le fret ferroviare ou fluvial, vous êtes fous ou quoi ?

Mette en place une fiscalité carbone dans le cadre d’une vaste réforme fiscale, houla, vous ne vous rendez pas compte, c’est trop compliqué.

Non on préfère, l’écologie ne devant pas être punitive abandonner une des mesures phares du Grenelle de l’environnement, votée par l’Assemblée, s’acquitter de près d’un milliard d’euros de pénalités, assouplir le droit à l’environnement pour ne pas entraver « la croissance » et libéraliser le transport par autocars et renoncer à des recettes fiscales pourtant mises en place en Europe !

Et dire que même chez Europe-Écologie Les Verts certains reprennent la formule de l’écologie non punitive !

L’objectif politique de cette formule est clair, faire apparaître la droite et surtout la gauche, en l’occurence le Parti socialiste comme capable de prendre en charge la question écologique sans… les écologistes !

Une écologie populaire ( de la gauche) versus une écologie punitive (celle des écologistes). Cela avait été noté par l’avocat Arnaud Gossement dans un article datant d’avril 2014.

Optimiste, il pariait in fine sur la mise en place de l’éco-taxe en expliquant que « Comme la droite lors du Grenelle de 2007, la gauche va tenter, sept ans plus tard, de s’approprier la question et de ne plus l’ignorer ou la déléguer. »

C’est raté sur toute la ligne.

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