L’appel du 18 juin. « Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Le général de Gaulle prononce son célèbre discours le 18 juin 1940. Il dit non.

Son geste inaugural donnera naissance à des milliers de message lus à cette même radio de Londres. Quelques uns de ces messages mis bout à bout forme un formidable poème surréaliste, c’est ce que relève avec malice Philippe Sollers dans Fugues (p. 405, ed. Folio).

On imagine l’ouverture de cérémonie officielle par ces messages :

Le renard aime les raisins /Croissez roseaux ; bruissez feuillages / Je porterai l’églantine / Je n’entends plus ta voix / Je cherche des trèfles à quatre feuilles / L’acide rougit le tournesol / Les dés sont sur le tapis / Les colimaçons cabriolent / Son costume est couleur billard / Nous nous roulerons sur le gazon / Les reproches glissent sur la carapace de l’indifférence / Véronèse était un peintre / Les grandes banques ont des succursales partout / L’évêque a toujours bonne mine / Le cardinal a bon appétit / J’aime les femmes en bleu / Rodrigue ne parle que l’espagnol / C’est le moment de vider son verre/Le temps efface les sculptures/Elle fait de l’œil avec le pied/La brigade du déluge fera son travail/Ne vous laissez pas tenter par Vénus/Ayez un jugement pondéré/Saint-Pierre en a marre/Le lithographe a des mains violettes/Son récit coule de source/Les débuts sont contradictoires.

Résister c’est créer dit-on.

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