En hommage à Christophe Mézerette, combattant de l’idéal républicain.

Durant la mandature 2008-2014 qui s’achève, personne n’a jamais entendu Christophe Mézerette employer cette  formule célèbre qu’il aurait pourtant pu faire sienne :  » Français, encore un effort pour être républicains ».

Christophe mézerette

 Christophe Mézerette lors d’une intervention au conseil municipal. (DR)

Français car son adhésion au Mouvement Républicain et Citoyen témoignait d’abord d’une volonté de ne pas abandonner à des forces régressives l’idée de nation, creuset historique de la souveraineté.

Dans une période où la mondialisation ne se révèle pas plus heureuse que la construction de l’Europe n’est sociale, cela n’a fait que conforter ceux qui avaient refusé, en 1992,  de confier une partie de notre destin à un espace politique plus vaste.

A une Commission dite européenne dont l’existence ne doit rien au suffrage des citoyens, il sera toujours reprochée à juste titre son illégitimité. Le résultat du référendum de 2005 vint rappeler les exigences démocratiques et l’opposition à une Europe faisant sienne la loi du marché, prélude à sa soumission aux marchés.

Abandonner ces valeurs,  qu’elles se nomment nation, souveraineté nationale leur semblaient plus qu’une erreur, une faute.

Et quelle faute ! L’histoire leur donnerait-elle raison ? Ce n’est pas sûr. Pour autant au moment où cette valeur est captée, confisquée, usurpée par les héritiers politiques de ceux qui, en 1940, choisirent l’État français contre la République, l’État français contre la France, le débat peut ressurgir.

A ces forces qui prônent le rejet de l’autre et que le terreau de la crise fait prospérer, nous n’avons pas encore trouvé la parade. C’est un fait.

Républicains. Dans l’espace politique auquel se rattachait Christophe Mézerette, républicain se conjugue en français. Ces deux mots sont du même millésime, 1789. C’est de cette belle cuvée que nous pouvons ensemble nous réclamer, vigoureux antidote à l’imbuvable « préférence nationale ».

Nous restons convaincus que le drapeau de 1789 et  le drapeau européen ne sont pas ceux de « La France aux Français ».

Nous « taquinions » Christophe sur le nucléaire, ils nous répondait climat. Mais là n’était pas l’essentiel sans un instant renoncer à nos convictions. L’essentiel restait partagé. La belle idée de République, la res publica, le bien commun. Bien qu’empruntant des chemins parallèles, l’horizon restait commun.

Louis Aragon l’a dit mille fois mieux. Dans La Rose et le Réséda.

Quand les blés sont sous la grêle /Fou qui fait le délicat /Fou qui songe à ses querelles /Au cœur du commun combat /Celui qui croyait au ciel /Celui qui n’y croyait pas /

On n’a jamais vu Christophe s’emporter tant ses convictions semblaient pour lui s’imposer d’elles-mêmes, calmes et sereines. Son métier de pédagogue exigeant calme, prévenance et persévérance.

 » Encore un effort… »

Nous nous souviendrons de sa discrétion. De son humour aussi, aussi délicat que plein de malice à l’image du sourire qu’il arbore sur une photo officielle.

La République. Une et indivisible. Une République sociale. Un idéal laïc.

Telles sont les valeurs que tu défendais. Tes amis, tes camarades du Mouvement Républicain et Citoyen les portent encore dans le combat en cours, un engagement partagé avec d’autres forces politiques qui ont su, comme en 2008, se rassembler pour l’élection municipale.

Une victoire au mois de mars serait un bel hommage à tes convictions.

Les obsèques de Christophe ont été célébrées, hier le 4 février 2014. Il y a 220 ans, un 4 février de l’année 1794 et 16 pluviôse de l’An II, la Convention Montagnarde prenait le décret numéro 2262 rédigé en ces termes :

« La Convention Nationale déclare que l’esclavage des Nègres dans toutes les Colonies est aboli ; en conséquence elle décrète que les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens Français, & jouiront de tous les droits assurés par la constitution. »

Libres, égaux et fraternels. Cette idée neuve en Europe, celle d’un bonheur en partage, reste un combat.

L’un court et l’autre a des ailes /De Bretagne ou du Jura /Et framboise ou mirabelle /Le grillon rechantera /Dites flûte ou violoncelle /Le double amour qui brûla /L’alouette et l’hirondelle /La rose et le réséda /

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