« Un cloaque de sang, de sottise et de boue », André Breton. « Les responsables de la guerre », discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914 par Jean Jaurès.

jeudi 28 janvier 1915.
(…) Hier, ou avant-hier, au rapport, on a lu des lettres de pri­sonniers boches. Pourquoi ? je n’en sais rien, car elles sont les mêmes que les nôtres. La misère, le désespoir de la paix, la monstrueuse stupidité de toutes ces choses, ces malheu­reux sont comme nous, les Boches ! Ils sont comme nous et le malheur est pareil pour tous.(…)
Je vous embrasse.
Étienne

17 décembre 1916 dans la Somme.

« Si la censure ouvre cette lettre, j’aurai évidemment des ennuis : je viens de faire une chose innocente et pourtant énorme, et qui me laisse comme au sortir d’un rêve : j’ai parlé à Fritz. Une section de la 7ème, juste devant nous, est à 20 mètres environ des sentinelles boches ; ils échangent des promesses : « Vous pas tirer, nous pas tirer ». Je suis allé les voir. Malheureusement des sous-officiers ou d’autres, un peu avant moi, leur avaient crié qu’on les aurait, et leur avaient annoncé à grandes exclamations les succès de Verdun, qu’ils ignoraient. En outre, j’avais affaire à un sous-officier boche, et j’étais à côté d’un sous-lieutenant français, ancien adjudant rengagé, et qui m’arrêtait à chaque instant : si bien que j’ai été gêné et que la confiance n’a pas régné. On voyait la tête de deux Boches, en calot, en assez bonne forme, mais sales comme moi, l’un tout jeune, l’autre, un sous-officier, de 25 à 30 ans. Ils regardaient le sous-lieutenant français et le célèbre Garrier, qui leur faisait signe de boire.

J’arrive et je crie : « Guten tag ! Geht’s gut ? » 

Ils n’entendent pas, et je répète « Geht’s gut ? »

Ils répondent tous deux : « Nein, s’ist nicht gut » et me montrent leur boue.

Je leur demande : Ihr habt Wasser und Kot ? »

Ils répondent d’un geste indifférent, et me font signe de venir : « Vous venir. Komm ! »

Unmœglich !
Ils insistent beaucoup.

Je demande :
- Wann wird es friede ?
C’est là qu’ils m’ont épaté par un nouveau geste indifférent.

Sans me gêner, je continue : « Wir hoffen alle dass es bald ist. »

Ja.

Je montre mon brassard.
- Sie sind der Arltz ? me demandent-ils.

Ja. (pour éviter trop d’explications : je ne sais pas dire « infirmier »). 
A la demande du sous-lieutenant, je m’en vais. Je fiche quelques touches de teinture d’iode à des bronchiteux de la 7ème, qui ne voient jamais leur infirmier et toussent à fendre l’âme, et je reviens au poste élevé.

Je les rappelle.
- Woher seid ihr ? Von welcher Deutschland’s teil kommt ihr her ?
Je n’ai pas compris la réponse.

Je demande : 
-Giebt es keiner von Bayern, von Munchen ? Ich habe einen monat lang zu Munchen zugebracht.

– Nein, est giebt keiner.
Je répète :
– Seid ihr von Sachsen ? Schlesien ? Preussen ?…

Ils répondent : 
- Das darf man nicht sagen.

Le sous-lieutenant me pressant, je leur dis :
- S’macht nichts ! Auf wiedersehen ! Ade !

Ils me saluent d’un geste à demi-amical.
Et voilà tout ! Quel mal à s’entendre, et quel bien ce serait ! »

Traduction : Bonjour. Cela va-t-il bien ? Non, cela ne va pas bien. Avez-vous à boire et à manger ? Impossible ! Quand la paix viendra-t-elle ? Nous espérons tous que ce sera bientôt. Vous êtes le médecin ? D’où êtes-vous ? De quelle partie de l’Allemagne venez-vous ? N’y a-t-il parmi vous personne de la Bavière, de Munich. J’ai passé tout un mois à Munich. Non, personne. Etes-vous de la Saxe ? Du Schleswig ? De la Prusse ? On ne doit pas le dire. Cela ne fait rien. Au revoir. Adieu !

Jean Pottecher, Lettres d’un fils (1914 – 1918). Un infirmier de chasseurs à pied à Verdun et dans l’Aisne, Paris, Emile-Paul Frères, 1926 – Louviers, Ysec, 2003, pp. 76-78

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« Assaut sous les gaz » d’Otto Dix (1924)

En Argonne, devant Vienne-le-Château, le 28 juin 1916.

« 26 juin 1916 : Nous voilà sur de nouvelles positions dans le secteur de Vienne-le-Château ; tout est calme dans le secteur et le 58ème que nous avons relevé nous a dit : « Ici c’est pépère, pas de risque, les cagnas sont bien aménagées ». Cela me rappelle Blanc-Sablon. On s’installe le mieux que l’on peut. 
28 juin 1916 : Ordre nouveau avec le nouveau capitaine. Je quitte la 4ème pièce et je suis à nouveau versé à la 5ème pièce « poste observation ». (…)

Il fait beau, nous montons avec le capitaine au poste d’observation pour régler la batterie. Les premières lignes sont à nos pieds, à 600 mètres environ. Il y a 3 lignes de tranchées et des boyaux à n’en plus finir ; plus loin, la plaine cultivée. On voit des paysans travailler à moins d’un kilomètre du front entre les lignes : ça c’est unique ! Les uns passent les lignes boches pour atteindre leur champ et d’autres traversent nos lignes pour rejoindre les leurs ! La nuit, les patrouilles les remplacent. Les gars du 58ème avaient leur raison quand ils nous ont dit que depuis 3 mois ils n’avaient pas tiré un seul coup de canon et pas reçu le moindre obus. Derrière la troisième tranchée allemande, sur la crête, je m’amuse à regarder les Fritz faire l’exercice.

Le capitaine Gobert m’interroge : « N’est-ce pas les Boches qui paradent à gauche du bois ?– Oui mon capitaine, il y a un moment que je me rince l’œil.


– Vous ne pouviez pas me le dire, nom de Dieu.


– Et pourquoi ? Qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela, les poilus que nous avons relevés nous ont bien avertis que l’arrêt des hostilités était complet dans le secteur.


– Eh bien, je vous dis, moi, que cela va changer et je vais les utiliser à fond les munitions qui sont allouées comme tir de réglage. Alertez la batterie et passez-moi le tableau de réglage ».

J’obéis en me demandant s’il n’est pas cinglé. Le réglage fait avec des fusants n’émotionne pas plus les paysans que les Fritz mais là où cela se gâte, c’est quand, ayant terminé ses corrections, il commande : « Obus explosifs 2 850 mètres, correction 80 à gauche. A mon commandement les quatre pièces : feu ! »

– Mais mon capitaine vous allez tirer dessus ? »

Il me foudroie du regard et répond « Mais j’y compte bien ! » et il commande : « Fauchez par quatre : feu ! »

Bon dieu ! quelle salade ! En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, les 16 obus sont arrivés, les corrections étaient bonnes et la débandade complète. Tout s’est volatilisé, il ne reste plus que des tâches grises çà et là, des morts ou des mourants. Je ne puis m’empêcher de murmurer : « C’est du propre ! »

– Que dites-vous ? »


– Rien mon capitaine. »


– Sachez que nous sommes ici pour nous battre, vaincre ou mourir, tenez-vous le pour dit, et souvenez-vous en. »

Je reste avec lui à la batterie sans dire un mot de plus mais je n’en pense pas moins. Il ne m’a pas en odeur de sainteté, le nouveau capitaine, mois moi je pense au lendemain. Le lendemain ? Laissez-moi rire, c’est le soir même qu’il fallait dire, qu’est-ce qu’ils nous ont mis ! De 22 heures à minuit, inutile d’essayer de mettre le nez hors des cagnas, ils nous ont retourné la position avec du 150 alterné avec des 77, en 2 heures tout était enterré. Nous nous sommes dégagés comme on a pu de nos trous de rat, pas de victime à la batterie mais des territoriaux qui montaient en ligne pour ravitailler ont écopé aux premières rafales et ont subi des pertes. Un 75 est hors d’usage et tous les abris à moitié démolis. Dans les tranchées, pas un coup de feu. (…)

14 juillet 1916 : (…) Le secteur est redevenu calme, à part les tirs de réglage courant ; le croquant ne s’est plus manifesté, il a dû se faire sonner les cloches à l’Etat-major car six territoriaux ont payé de leur vie sa connerie du 29 (sic) juin. On ne voit plus les Boches faire l’exercice mais les paysans ramassent leur récolte. »

Jean-Ernest Tucoo-Chala, 1914-1919, Carnets de route d’un artilleur, Biarritz, J&D éditions, 1996, pp. 43-46.

Chemin des Dames, 1er juillet 1917.

« Certains petits postes se trouvent à 8 mètres des postes ennemis. Les gens qui, de part et d’autre, les occupent ne veulent rien savoir pour se lancer des grenades. Il y a une trêve tacite entre les deux partis, le Boche fumant sa pipe assis sur son parapet, et le Français écrivant sa correspondance dans la même posture. Quand un chef vient, l’Allemand fait signe à son adversaire et les deux hommes rentrent dans leur trou. Parfois, quand l’artillerie ennemie donne, les Boches sachant qu’il y aura représailles, crient aux Français : « Nos artilleurs… assassins ! »

Paul Rimbault, Propos d’un marmité (1915-1917), Paris, Fournier, 1920, p. 96. 

Sources : http://crid1418.org/espace_pedagogique/documents/textespedago/fraternisations.htm

Les responsables de la guerre, discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914

 Citoyens,

Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la responsabilité de vous adresser la parole. Ah ! citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau, je ne veux pas dire que la rupture diplomatique dont nous avons eu la nouvelle il y a une demi-heure, entre l’Autriche et la Serbie, signifie nécessairement qu’une guerre entre l’Autriche et la Serbie va éclater et je ne dis pas que si la guerre éclate entre la Serbie et l’Autriche le conflit s’étendra nécessairement au reste de l’Europe, mais je dis que nous avons contre nous, contre la paix, contre la vie des hommes à l’heure actuelle, des chances terribles et contre lesquelles il faudra que les prolétaires de l’Europe tentent les efforts de solidarité suprême qu’ils pourront tenter.

Citoyens, la note que l’Autriche a adressée à la Serbie est pleine de menaces et si l’Autriche envahit le territoire slave, si les Germains, si la race germanique d’Autriche fait violence à ces Serbes qui son une partie du monde slave et pour lesquels les Slaves de Russie éprouvent une sympathie profonde, il y a à craindre et à prévoir que la Russie entrera dans le conflit, et si la Russie intervient pour défendre la Serbie, l’Autriche ayant devant elle deux adversaires, la Serbie et la Russie, invoquera le traité d’alliance qui l’unit à l’Allemagne et l’Allemagne fait savoir qu’elle se solidarisera avec l’Autriche. Et si le conflit ne restait pas entre l’Autriche et la Serbie, si la Russie s’en mêlait, l’Autriche verrait l’Allemagne prendre place sur les champs de bataille à ses côtés. Mais alors, ce n’est plus seulement le traité d’alliance entre l’Autriche et l’Allemagne qui entre en jeu, c’est le traité secret mais dont on connaît les clauses essentielles, qui lie la Russie et la France et la Russie dira à la France : « J’ai contre moi deux adversaires, l’Allemagne et l’Autriche, j’ai le droit d’invoquer le traité qui nous lie, il faut que la France vienne prendre place à mes côtés. » A l’heure actuelle, nous sommes peut-être à la veille du jour où l’Autriche va se jeter sur les Serbes et alors l’Autriche et l’Allemagne se jetant sur les Serbes et les Russes, c’est l’Europe en feu, c’est le monde en feu.

Dans une heure aussi grave, aussi pleine de périls pour nous tous, pour toutes les patries, je ne veux pas m’attarder à chercher longuement les responsabilités. Nous avons les nôtres, Moutet l’a dit et j’atteste devant l’Histoire que nous les avions prévues, que nous les avions annoncées ; lorsque nous avons dit que pénétrer par la force, par les armes au Maroc, c’était ouvrir à l’Europe l’ère des ambitions, des convoitises et des conflits, on nous a dénoncés comme de mauvais Français et c’est nous qui avions le souci de la France.

Voilà, hélas ! notre part de responsabilités, et elle se précise, si vous voulez bien songer que c’est la question de la Bosnie-Herzégovine qui est l’occasion de la lutte entre l’Autriche et la Serbie et que nous, Français, quand l’Autriche annexait la Bosnie-Herzégovine, nous n’avions pas le droit ni le moyen de lui opposer la moindre remontrance, parce que nous étions engagés au Maroc et que nous avions besoin de nous faire pardonner notre propre péché en pardonnant les péchés des autres.

Et alors notre ministre des Affaires étrangères disait à l’Autriche :

« Nous vous passons la Bosnie-Herzégovine, à condition que vous nous passiez le Maroc » et nous promenions nos offres de pénitence de puissance en puissance, de nation en nation, et nous disions à l’Italie :

« Tu peux aller en Tripolitaine, puisque je suis au Maroc, tu peux voler à l’autre bout de la rue, puisque moi j’ai volé à l’extrémité. »

Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà l’incendie. Eh bien ! citoyens, nous avons notre part de responsabilité, mais elle ne cache pas la responsabilité des autres et nous avons le droit et le devoir de dénoncer, d’une part, la sournoiserie et la brutalité de la diplomatie allemande, et, d’autre part, la duplicité de la diplomatie russe. Les Russes qui vont peut-être prendre parti pour les Serbes contre l’Autriche et qui vont dire : « Mon coeur de grand peuple slave ne supporte pas qu’on fasse violence au petit peuple slave de Serbie. » Oui, mais qui est-ce qui a frappé la Serbie au coeur ? Quand la Russie est intervenue dans les Balkans, en 1877, et quand elle a créé une Bulgarie, soi-disant indépendante, avec la pensée de mettre la main sur elle, elle a dit à l’Autriche : « Laisse-moi faire et je te confierai l’administration de la Bosnie-Herzégovine. » L’administration, vous comprenez ce que cela veut dire, entre diplomates, et du jour où l’Autriche-Hongrie a reçu l’ordre d’administrer la Bosnie-Herzégovine, elle n’a eu qu’une pensée, c’est de l’administrer au mieux de ses intérêts.

Dans l’entrevue que le ministre des Affaires étrangères russe a eu avec le ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, la Russie a dit à l’Autriche : « Je t’autoriserai à annexer la Bosnie-Herzégovine à condition que tu me permettes d’établir un débouché sur la mer Noire, à proximité de Constantinople. » M. d’Ærenthal a fait un signe que la Russie a interprété comme un oui, et elle a autorisé l’Autriche à prendre la Bosnie-Herzégovine, puis quand la Bosnie-Herzégovine est entrée dans les poches de l’Autriche, elle a dit à l’Autriche : « C’est mon tour pour la mer Noire. »« Quoi ? Qu’est-ce que je vous ai dit ? Rien du tout ! », et depuis c’est la brouille avec la Russie et l’Autriche, entre M. Iswolsky, ministre des Affaires étrangères de la Russie, et M. d’Ærenthal, ministre des Affaires étrangères de l’Autriche ; mais la Russie avait été la complice de l’Autriche pour livrer les Slaves de Bosnie-Herzégovine à l’Autriche-Hongrie et pour blesser au coeur les Slaves de Serbie.

C’est ce qui l’engage dans les voies où elle est maintenant.

Si depuis trente ans, si depuis que l’Autriche a l’administration de la Bosnie-Herzégovine, elle avait fait du bien à ces peuples, il n’y aurait pas aujourd’hui de difficultés en Europe ; mais la cléricale Autriche tyrannisait la Bosnie-Herzégovine ; elle a voulu la convertir par force au catholicisme ; en la persécutant dans ses croyances, elle a soulevé le mécontentement de ces peuples.

La politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de l’Autriche ont contribué à créer l’état de choses horrible où nous sommes. L’Europe se débat comme dans un cauchemar.

Eh bien ! citoyens, dans l’obscurité qui nous environne, dans l’incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j’espère encore malgré tout qu’en raison même de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir d’horreur à la pensée du cataclysme qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre européenne.

Vous avez vu la guerre des Balkans, une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille, soit dans les lits d’hôpitaux, une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d’hôpitaux infectés par le typhus cent mille hommes sur trois cent mille.

Songez à ce que serait le désastre pour l’Europe : ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d’hommes. Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie ! Et voilà pourquoi, quand la nuée de l’orage est déjà sur nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé. Citoyens, si la tempête éclatait, tous, nous socialistes, nous aurons le souci de nous sauver le plus tôt possible du crime que les dirigeants auront commis et en attendant, s’il nous reste quelque chose, s’il nous reste quelques heures, nous redoublerons d’efforts pour prévenir la catastrophe. Déjà, dans le Vorwaerts, nos camarades socialistes d’Allemagne s’élèvent avec indignation contre la note de l’Autriche et je crois que notre bureau socialiste international est convoqué.

Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs coeurs écarte l’horrible cauchemar.

J’aurais honte de moi-même, citoyens, s’il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d’une victoire électorale, si précieuse qu’elle puisse être, le drame des événements. Mais j’ai le droit de vous dire que c’est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l’orage, la seule promesse d’une possibilité de paix ou d’un rétablissement de la paix.

Le 4 août 1914, les crédits de guerre sont votés à l’unanimité à l’Assemblée nationale.

 

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