Habitat insalubre. L’État doit assumer ses responsabilités : hébergement d’urgence. Régularisation de tous les sans papiers. Libération immédiate des personnes des immeubles du 50 et 103 rue Gabriel Péri détenues en centre de rétention depuis le 26 août.

L’ampleur que prend ce dossier nous amène à écrire ces quelques lignes. Les écologistes sont interpellés sur cette question.

Nous faisons partie de la majorité municipale et sommes informés du suivi de cette affaire régulièrement.

Les évacuations d’immeubles en général sont toujours très compliquées à gérer. C’est pour cela, que nous sommes très vigilants quant au suivi social qui doit être effectué en amont.

Pour le cas du 50 et 103 rue Gabriel Péri, il s’agissait d’immeubles en situation de péril et d’insalubrité faisant partie du Plan national de rénovation des quartiers anciens dégradés.

Nous sommes en parfait accord avec ce plan qui permettra d’enrayer l’habitat indigne et insalubre, de lutter contre le saturnisme, de traiter la rénovation énergétique et surtout de soustraire de nombreuses personnes à des dangers pour certains immédiats qui conduisent à des drames réguliers comme en ont connus à d’autre moments les villes de Paris ou Pantin.

Tout le monde à en mémoire le drame du 39, rue Gabriel Péri survenu en septembre 2012.

Avant toute évacuation, les services de la ville rencontrent les habitants de l’immeuble, afin d’établir la liste des personnes à reloger. Le problème qui se pose à chaque fois, c’est que le nombre de personnes à reloger augmente chaque jour et ne correspond plus à la liste initiale. Les personnes en situation régulière avec enfants ont toutes été relogées. Pour les autres, il s’agit de célibataires sans titre de séjour.

La mairie n’est bien sûr pas en capacité de reloger tout le monde. Elle demande à juste titre que l’Etat prenne aussi ses responsabilités. L’hébergement d’urgence est de sa responsabilité.

Nous réclamons depuis toujours, que le logement soit au  centre des préoccupations de l’Etat, car il s’agit d’une question essentielle, d’un droit élémentaire. L’occupation du parvis de la mairie désignant celle-ci comme la responsable ne peut que semer des illusions et plus grave obére les conditions d’un combat commun pouvant déboucher comme cela fut le cas par la réquisition d’un bâtiment de La Poste menée conjointement entre habitants, associations, organisations politiques et municipalité.

La situation de crise aigüe de l’hébergement d’urgence qui laisse à la rue des familles ou des personnes isolées est une des facettes de la crise du logement que traverse notre pays.

Europe Ecologie Les verts a toujours défendu l’idée de régularisation de tous les sans papiers.

La façon dont ils sont traités est indigne et les met en danger.

Alors qu’ils sont pour certains présents depuis de nombreuses années sur le territoire, qu’ils ont quelquefois des enfants scolarisés, leur refuser une régularisation c’est continuer à les soumettre au travail au noir, au chantage des patrons et aux marchands de sommeil.

La seule façon pour eux d’accéder au droit commun, au logement, c’est leur régularisation. L’État doit prendre ses responsabilités.

Le fait de monter sur les toits de la Basilique est un geste de désespoir que nous comprenons parfaitement.

Cependant, nous ne comprenons pas que leurs soutiens n’aient pu les dissuader d’un tel geste, sachant qu’il s’agit de personnes susceptibles de s’exposer à une reconduite à la frontière.

Enfin, concernant les personnes qui ont été arrêtées et risquent la reconduite à la frontière, nous leur apportons tout notre soutien et demandons au Ministre de l’intérieur de faire preuve d’humanité et en accord avec les valeurs que portent la gauche et les écologistes de les libérer sans délai.

Nous nous adressons d’ailleurs en ce sens au Préfet de Seine-Saint-Denis dès ce jour.

Virginie Le Torrec, adjointe au maire de Saint-Denis

Cécile Ranguin, adjointe au maire de Saint-Denis

Michel Ribay, adjoint au maire de Saint-Denis

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