Rencontre fortuite ou agression préméditée, la violence de l’extrême-droite reste la même. Un jeune étudiant de 18 ans, Clément Méric, entre la vie et la mort. Rassemblement à 18 h 30 place Saint-Michel

Préméditation, envie latente d’en découdre ou rencontre fortuite, il n’en reste pas moins qu’un jeune de 18 ans est entre la vie et la mort après un affrontement ou une agression avec ou par des skinhead qui selon certains témoins arboraient des vêtements marquants leur appartenance politique voire même des tatouages représentant la croix gammée.

Emblèmes qui singent les oripeaux des années 30, culte de la violence, uniformisation vestimentaire propre au parades militaires, tous les ingrédients sont réunis pour que les adhérents des groupuscules néo-fascistes entendent régler les différents politiques à coups de matraques, barres de fer ou poing américains.

Cela n’est pas nouveau, mais il est indéniable que le climat politique général, les appels à rompre le pacte républicain, à ne pas respecter les lois votées de la République sont en encouragement à ces groupuscules.

L’enquête en dira plus mais l’on peut déjà affirmer que de nombreux indices semblent rapprocher cet événement d’un long continuum de pratiques qui ont pris des proportions plus qu’inquiétantes en particulier dans la ville de Lyon.

Un affrontement peut-être fortuit qui a mal tourné qui ne doit pas faire oublier, tout au contraire, les pratiques récurrentes des mouvements skinhead et autre groupuscules d’extrême droite.

Le Monde dressait ci-dessous un recensement des agressions et meurtres commis par la mouvance d’extrême-droite.

Quant à la porosité entre des mouvements néo-facistes et le Front national, si l’on sait que le dénommé Alexandre Gabriac a été exclu du Front national, il n’en a pas moins été un de ses candidats officiels. Jean-Marie Le Pen avait d’ailleurs critiqué cette exclusion.

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Des agressions d’extrême droite en recrudescence

1995 Brahim Bouarram, un jeune Marocain, meurt noyé, le 1er mai, jeté dans la Seine par des skinheads en marge du défilé du FN.

2011 Un couple est agressé à la sortie d’un concert dans un squat de Villeurbanne (Rhône), par un groupe d’extrême droite armé de battes de base-ball et de barres de fer. Grièvement blessées, les victimes obtiennent respectivement 15 et 60 jours d’interruption temporaire de travail (ITT).

2012 En juin, un groupe d’extrême droite en rangers, treillis, et armé de battes de base-ball, mène une descente punitive dans un café de Besançon (Doubs) et passe à tabac un jeune anarchiste. A Toulouse, le chef de file du Bloc identitaire, Matthieu Clique, et un autre membre de cette mouvance sont mis en examen après avoir agressé, dans la nuit du 31 mars au 1er avril, dans le quartier Arnaud-Bernard, un étudiant chilien qui, après avoir été frappé, a subi un traumatisme crânien le laissant hémiplégique.

A Grenoble, six jeunes militants communistes sont agressés à la sortie du local de la fédération de l’Isère du PCF par une quinzaine de militants d’extrême droite armés de barres de fer et de matraques. Un jeune communiste est blessé au visage.

2013 A la suite d’une agression dans le Vieux-Lyon, le 30 mars, trois personnes sont blessées. Plusieurs interpellations sont effectuées dans les milieux nationalistes.

Dans la nuit du 17 au 18 mai, deux couples en compagnie d’une jeune Asiatique sont violemment frappés par des membres du GUD, groupuscule d’extrême droite dirigé par Steven Bissuel.

Selon le Collectif Vigilance 69, il s’agirait de la quarantième agression violente de l’extrême droite à Lyon depuis 2010.

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