Pour sauver les abeilles, faut-il suspendre ou interdire les pesticides? Que va vraiment décider la Commission européenne ? Le taux de pesticides relevé dans le corps humain est plus élevé chez les Français que chez nos voisins allemands ou outre-Atlantique.

La Commission européenne devrait suspendre, pendant deux ans à compter du 1er décembre (vous pouvez donc continuer pendant toute la belle saison où les abeilles sortent des ruches et butinent à balancer vos armes de destruction massive), l’utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques (Apis mellifera). Après un vote, lundi 29 avril en Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, quinze Etats de l’Union se sont prononcés favorablement pour la proposition de Bruxelles de suspendre pour deux ans l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame sur quatre grandes cultures (maïs, colza, tournesol, coton).

Le ministre britannique de l’environnement ( !), Owen Paterson, très opposé à la proposition de Bruxelles, entend faire échouer cette orientation. Dans cet esprit ses propos sont édifiants : « Nos efforts continueront et s’intensifieront dans les prochains jours. »

En effet, il appartient à la Commission de trancher.

« Bien qu’une majorité des Etats membres soutiennent désormais notre proposition, la majorité qualifiée nécessaire n’a pas été atteinte », a déclaré le commissaire européen à la santé des consommateurs, Tonio Borg.

De plus « la date d’entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, indique Olivier Belval, président de l’Union nationale de l’apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive. »

La question est loin d’être réglée. Il n’ y a pas que les abeilles qui profitent de ces produits, le taux de pesticides relevé dans le corps humain est plus élevé chez les Français qu’outre-Atlantique ou en Allemagne, ce sont les résultats d’une étude de l’Institut de Veille Sanitaire qui l’indiquent.

 

Publicités