Comment va la planète en 2013 ? Les excellentes nouvelles se succèdent… (1)

Fashion mais toxique ! La mort dans ton T-shirt.

Des substances chimiques susceptibles de provoquer des cancers et d’agir comme perturbateurs endocriniens, déréglant le fonctionnement hormonal et impactant les fonctions reproductives, détectées dans les rayons de vingt marques de prêt-à-porter, c’est ce que révèle Greenpeace dans son rapport Les dessous toxiques de la mode.

Pour mener son enquête, l’ONG de défense de l’environnement a acheté, dans 29 pays, 141 produits textiles (jeans, pantalons, tee-shirts, robes et sous-vêtements), fabriqués notamment en Chine, au Vietnam, en Malaisie et aux Philippines. Puis elle a soumis ces textiles à des analyses.

Résultats : 63 % des articles (89 produits) contiennent des éthoxylates de nonylphénols (NPE), composés chimiques fréquemment utilisés comme tensioactifs, notamment détergent et imperméabilisant, dans la production de textiles. Les concentrations les plus élevées (jusqu’à 45 000 mg/kg) ont été décelées dans des vêtements des marques C&A, Mango, Levi’s, Zara, Metersbonwe, Jack & Jones et Marks & Spencers. Au total, 10 % des échantillons dépassent par ailleurs le seuil de 1 000 mg/kg imposé par la législation européenne pour la fabrication de vêtements – mais pas pour l’importation.

Si ces vêtements ne se révèlent pas dangereux au contact, ils le deviennent une fois lavés. Les NPE se dégradent en effet dans l’eau en nonylphénol (NP), considéré comme un perturbateur endocrinien et classé comme substance dangereuse prioritaire par l’Union européenne. Ce sous-produit toxique peut, à terme, s’accumuler dans les sédiments des rivières puis dans la chaîne alimentaire par l’intermédiaire des poissons ou des champs (en cas d’épandage de boues d’épuration).

Des phtalates ont aussi été détectés dans 31 articles comportant des impressions « plastisol », parmi lesquels quatre présentaient des concentrations très élevées (jusqu’à 38 % du poids) : ceux de Tommy Hilfiger, Armani et Victoria’s Secret. Or, les phtalates migrent eux aussi facilement dans l’environnement lors des lavages ou en fin de vie des produits. On peut les retrouver dans les denrées alimentaires ou les nappes phréatiques, et donc dans les tissus humains, le sang et les urines.

Enfin, deux articles de la marque Zara contenaient des colorants azoïques qui peuvent libérer des amines cancérogènes. « Même si les niveaux de concentration restent en deçà des limites autorisées, il est inacceptable que des vêtements contiennent de telles substances », estime l’ONG.

De l’eau oui mais pour qui ? Dans quel état ? Et à quel prix ?

Les agences de bassins couvrent aussi bien l’investissement dans des stations d’épuration, la sensibilisation du public sur la vulnérabilité de la ressource, que la préservation de la biodiversité et la protection contre les inondations.

En août, un étang du Gers dédié à la biodiversité a été vidé par des mécontents, furieux que l’on réserve son eau aux tortues cistudes plutôt qu’aux cultivateurs de maïs par temps de canicule. Cet épisode illustre bien que la bataille de l’eau est réelle. La tension monte ainsi dans le Sud-Ouest, où l’agence paie EDF pour qu’elle lâche de l’eau de ses barrages en été. « La Charente est un point chaud : il n’y a plus d’eau en été, lâche Marc Abadie, le directeur d’Adour-Garonne. Dans notre bassin, le maïs est le problème numéro un. » Cette culture, qui nécessite d’être irriguée durant la saison où les restrictions réglementaires sont de rigueur, s’étale désormais sur 1,62 million d’hectares dans l’Hexagone. Avec une récolte de 15,7 millions de tonnes en 2012 la France est devenue le premier producteur de l’Union européenne.

Les cultivateurs pensaient avoir trouvé la parade en réclamant toujours plus de réserves de substitution à remplir pendant l’hiver. Le gouvernement de François Fillon avait accepté, en 2011, d’en simplifier les autorisations administratives et de les subventionner jusqu’à 70% via les agences de l’eau. Compte tenu de leur impact écologique discutable, Delphine Batho et Stéphane Le Foll y ont mis le holà le 2 octobre 2012.

Ce sont aussi essentiellement les ménages qui sont mis à contribution via la redevance sur l’eau. La part des simples consommateurs sera finalement ramenée à 90,8% en 2018. Celle des industriels passera alors à 7,07%, celle des agriculteurs à 2%…

Ces changements ne permettront pas de remplir les objectifs fixés par l’Union européenne. « Jusqu’à présent on a lavé l’eau, maintenant il va falloir se tourner vers une politique de prévention, indique le géographe Alexandre Brun, de l’Université MontpellierIII. Dommage, la France avait montré l’exemple en instaurant une gestion de l’eau par bassin dès 1964. C’est elle qui a inspiré à la Commission européenne la loi-cadre sur l’eau. »

Depuis la France est dépassée. Et menacée de condamnation.

La France dopée aux pesticides.

Au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, la France est une championne de la consommation de produits phytosanitaires en tous genres, herbicides en tête. Avec les Pays-Bas et la Belgique, elle forme le trio des pays européens les plus gourmands en pesticides rapporté à l’hectare cultivé.

Il existe en France une forme de reconnaissance envers ces substances qui ont soutenu la transformation de l’agriculture à partir des années 1950. Appauvrissement des sols, phénomènes de résistances des « ravageurs » et surtout dégradation inquiétante de la qualité de l’eau : le revers de la médaille se révèle aujourd’hui. Quant aux répercussions sur la santé, les adeptes de l’agriculture intensive – qui achètent 93 % des produits phytosanitaires du marché national – sont les premiers à en pâtir.

Lancé en 2008, le plan gouvernemental Ecophyto s’est fixé pour ambition de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici à 2018. Mais les ventes ont continué de grimper de 2,6 % entre 2008 et 2011… Seules les substances les plus dangereuses ont fortement diminué… parce que l’Union européenne (UE) a imposé le retrait du marché de 53 d’entre elles. Le bilan est si décourageant et l’objectif jugé si inatteignable que le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a un temps hésité avant de le reprendre à son compte.

Qu’est ce qui coince ? La réponse est en partie inscrite dans le rapport de la mission parlementaire d’information sur les pesticides conduite par la sénatrice Nicole Bonnefoy (PS) : « L’analyse fine du contenu réel du plan Ecophyto 2018 montre que sa réussite dépend largement de la bonne volonté des agriculteurs, des fabricants et des industriels. Peu d’outils obligatoires ou coercitifs ont été mis en place. » La mobilisation des pouvoirs publics n’a même pas mis fin aux épandages aériens de pesticides, officiellement interdits par la loi, mais qui continuent de bénéficier de multiples dérogations.

Tout confondu, les crédits engagés pour Ecophyto s’élèvent à environ 140 millions d’euros par an, en bonne partie financés par la redevance sur les pollutions diffuses collectées par les agences de l’eau. « Le problème, ce n’est pas l’argent mais la volonté, observe François Veillerette de Générations futures. 

Deux tiers des arbres dans le monde menacés de dépérissement.

Les forêts, poumons de la Terre, sont menacées de dépérissement. Les arbres se montrent beaucoup plus vulnérables à la sécheresse que ce que les scientifiques imaginaient. Quand ils manquent d’eau, ils font des embolies : des bulles d’air obstruent les vaisseaux de transport de la précieuse sève des racines à leurs cimes. Un dessèchement fatal les guette. Toutes les espèces sont concernées : feuillus ou conifères sous tous les climats.

Sur plus de 220 espèces réparties dans 80 régions aux climats variés, leurs conclusions, publiées en ligne dans la revue Nature en novembre 2012, pointent une vulnérabilité alarmante pour l’avenir des écosystèmes.

Environ 70 % des arbres étudiés sont à la limite de l’embolie. « Tous les arbres et toutes les forêts du globe vivent en permanence à la limite de leur rupture hydraulique. Il y a donc une convergence fonctionnelle globale de la réponse de ces écosystèmes à la sécheresse », résume Hervé Cochard, chercheur à l’INRA, à Clermont-Ferrand, et coauteur de l’étude pilotée par Brendan Choat, de l’université Western Sydney (Australie), et Steven Jansen, de l’université d’Ulm (Allemagne).

Cette découverte conduit à envisager des scénarios catastrophe, sur lesquels les chercheurs ne se prononcent pas : les évolutions prévues du climat devraient être marquées par des épisodes de sécheresse plus fréquents. Une mortalité accrue des arbres fait planer sur les écosystèmes une nouvelle menace, non prise en compte actuellement dans les scénarios climatiques.

Toutes ces informations sont des extraits d’articles parus dans Le Monde entre octobre 2012 et janvier 2013

 

 

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