Notre-Dame-des-Landes : « Un schéma de développement complètement dépassé du toujours plus ». De « Gardarem lou Larzac » à « Gardaretz Notre-Dame-des-Landes ! »

(DR. Stephane Mahe)

François Hollande note la « contestation depuis plusieurs mois ». Contestation qu’il « respecte » et « entend ».

Il l’entend et la respecte si bien qu’il a choisit de nous dire en fait que l’aéroport se fera, car : « Il n’y a pas de manquement à quelque engagement que ce soit puisque, lorsque j’ai été interrogé comme candidat à l’élection présidentielle, j’ai toujours dit que j’étais favorable à cette plate-forme aéroportuaire »,

Élu depuis mai, François Hollande devrait relire s’il ne l’a fait encore la tribune parue en mars 2011 des 34 associations opposés au projet, tribune écrite en réponse à celle d’élus socialistes partisans de l’aéroport. Extrait.

« Ces élus ont-ils conscience qu’ils se placent eux-mêmes dans un schéma de développement complètement dépassé du toujours plus et du jetable comme si les ressources de notre planète étaient inépuisables et alors que tous les exégètes lucides nous encouragent à les économiser et à exploiter au mieux ce qui existe en l’améliorant si nécessaire.

Exploiter au mieux ce qui existe, c’est justement le choix que nous proposons.

Réalisations de quelques aménagements et adaptations pour l’aéroport existant de Nantes-Atlantique afin d’éviter le survol de zones urbanisées ou adoption de nouvelles procédures d’atterrissage pour plus de sécurité. Cet équipement est déjà relié au réseau ferré, au périphérique nantais et à moins d’un kilomètre du terminus d’une ligne de tramway qui pourrait aisément être prolongée pour compléter l’offre de liaisons avec le centre de Nantes et les voies de toute nature régionales ou nationales qui y aboutissent.

A Notre-Dame-des-Landes, située à 25 km au nord de Nantes, toutes les infrastructures de liaison sont à réaliser avec des coûts pharaoniques par rapport aux aménagements à réaliser pour améliorer l’aéroport existant que la Direction générale de l’aviation civile classe dans son état actuel parmi les aéroport sûrs, sans risque particulier.

Extension in situ de l’aérogare existante pour augmenter sa capacité d’accueil, ce qui ne sera sans doute pas nécessaire avant une vingtaine d’années si on tient compte du taux d’augmentation actuel de passagers et si on adopte notre proposition de mise en réseau des aéroports de l’Ouest pour répartir le trafic, avec les liaisons ferroviaires inter-cités existantes ou à créer.

Promotion de l’offre, dans le cadre national et européen, d’une palette de transports adaptés aux longueurs des trajets prenant en compte leurs coûts, leur efficacité vitesse-durée et leur bilan économique, social et environnemental.

Avec le projet de Notre-Dame-des-Landes, on nous fait miroiter l’espoir d’un essor économique et la création d’emplois alors qu’il ne s’agira sans doute que de transferts d’emplois existants. Ce qui est sûr actuellement c’est qu’en détruisant une cinquantaine d’exploitations agricoles sur le site de Notre-Dame-des-Landes, on va aussi détruire plus de 600 emplois qui leurs sont liés.

La France perd l’équivalent d’un département de terres agricoles – terres nourricières – tous les dix ans. Est-il opportun d’en détruire plus de 2 000 hectares pour l’implantation de ce projet coûteux et parfaitement inutile qui va aussi dévaster l’environnement et la bio-diversité de cette zone bocagère ?

Il ne suffit pas d’utiliser le mot vert ou d’ajouter les labels « développement durable » ou « haute qualité environnementale » pour qualifier d’écologiste n’importe quel projet même les plus propices au développement de nuisances de tous ordres. Est-il acceptable de se transformer en donneurs de leçon méprisants pour apostropher les opposants en les accusant de « porter un jugement sommaire (…) sans prendre la mesure des enjeux » alors qu’en plus de dix ans de lutte contre ce projet, s’est développé chez beaucoup d’entre eux une expertise dans tous les domaines liés au projet : environnement, aménagement du territoire, énergie, navigation aérienne, économie, emploi, législation, agriculture, urbanisme, géophysique. Peu d’élus peuvent revendiquer une telle connaissance du dossier et de ses aspects annexes. Ils ont pourtant émis des votes en sa faveur bien que certains d’entre eux en ignorent presque tout comme nous avons pu le constater en les rencontrant. »

Lire ici les propos étonnants de franchise d’un expert des transports, Yves Crozet, qui met en pièces les arguments des partisans de Notre-Dame-des-Landes à propos de la supposée saturation de l’actuel aéroport.

Passons sur la conscience environnementale de ce monsieur qui ne parle bien sûr que de choses sérieuses : rentabilité, plus-value foncière, valeur ajoutée et duty free. Sur l’emploi généré, cet expert est plus que mesuré.

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