Les villes pauvres au régime sec, Stéphane Gatignon poursuit sa grève de la faim

Le combat de Stéphane Gatignon pour une meilleure péréquation des recettes des villes riches vers les riches pauvres est pleinement légitime.

La forme en est plus discutable tant le combat collectif est préférable aux initiatives individuelles fussent-elles médiatiquement très payantes.

Le procédé n’est pas sans risque. Confronté dans une ville pauvre à des situations inextricables ou désespérées qui peuvent frappés ses concitoyens, il ne faudrait pas que ce geste face des émules dans sa propre commune (ou ailleurs) renvoyant l’édile à un statut de décideur impuissant à répondre à la détresse exprimée.

Dans une société délabrée où l’on instaure des « journées de la gentillesse » (c’était hier) il n’est pas bon d’être sourd et méchant.

On ne discutera pas ici infiniment de cet aspect, notons tout de même que la méthode employée, spectaculaire, met sous les projecteurs des médias et au pied du mur ceux qui sont interpellés : parlementaires et gouvernement. Ils sont sommés de répondre hic et nunc, et à défaut d’apparaître comme des monstres froids, sans cœur, sans compassion.

Depuis le début de son action de multiples soutiens se manifestent, les écologistes, c’est bien normal, des amis de longue date, on le comprend.

On est surtout surpris de ce que cette situation révèle. Des ministres se pressent à ses côtés, Manuel Valls, Yasmina Benguigui, le président de l’Assemblée, Claude Bartolone aussi, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir a fait de même.

Les décideurs de haut vol de ce pays qu’il interpelle se déplacent ; et ainsi en un rien de temps, sanglé d’une écharpe tricololore, d’une banderole et d’une bonne dose de culot vous obtenez en retour des amendements, promis par le quatrième personnage de l’État, pour faire passer la DSU de 120 à 360 millions d’euros !

Le retour sur investissements semble inespéré, les interrogations sur le mode de gouvernement inépuisables. On reste stupéfait.

Alors, à président normal, gouvernement gentil ?

Aveuglement récurrent, revirement et compassion ne font pas une politique de transformation à la hauteur des questions posées par Stéphane Gatignon, au nom des villes pauvres, des territoires délaissés, discriminés, stigmatisés.

« Déçu et atterré » le lundi 13 novembre, le compte n’y étant pas le mardi 14 novembre, Stéphane Gatignon poursuit donc son combat.

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