Écopop, empreinte écologique, environnement et entre-soi…

Le groupe écologiste suisse Ecopop a déposé vendredi 2 novembre devant les autorités helvétiques une initiative en vue d’une « votation » pour limiter l’immigration.

Leur but : protéger la nature et limiter le besoin de constructions nouvelles. Le texte « Halte à la surpopulation » propose donc de « limiter l’immigration nette en Suisse », à un taux de 0,2 % par an en moyenne (calculé sur trois ans).

Pour M. Thommen, secrétaire général d’Ecopop « si l’on estime que les migrants vont atteindre le niveau de vie moyen des Suisses dans le futur, ce développement n’est pas du tout durable à la longue ».

L’association Ecologie et Population (Ecopop), se dit « contre la xénophobie et le racisme » dans sa présentation. Elle s’appuie sur une formule mathématique, celle du biologiste américain Paul Ehrlich qui calcule l’impact de la pression démographique sur la nature et l’environnement, en prenant en compte le nombre d’habitants et la consommation par habitant. Autrement dit l’impact, l’empreinte écologique d’une population.

Que dit donc Ecopop sur son site ?

L’association Ecologie et Population ECOPOP s’occupe depuis 1970 de l’impact lié à une population de plus en plus importante sur l’environnement et les ressources naturelles.

Les préoccupations principales d’ECOPOP sont la conservation des ressources naturelles et de la nature.

Les objectifs des autres associations protectrices de l’environnement visant la réduction de la production de pollution par habitants sont aussi partagés par ECOPOP. Cependant il faut aussi considérer le nombre d’habitants comme facteur déterminant, ce qui est souvent négligé dans la politique de nos jours. C’est pour cela que ECOPOP se préoccupe de la croissance de la population mondiale et suisse.

ECOPOP considère le problème d’une population mondiale croissante.

ECOPOP est politiquement neutre, humaniste, écologique et à caractère social.

ECOPOP est ouvert à un travail commun constructif avec toute sorte d’associations.

ECOPOP travail sur l’impact de l’homme sur notre terre, indépendamment de son origine, de sa nationalité ou de sa religion.

ECOPOP est contre la xénophobie et le racisme.

ECOPOP considère comme point déterminant la densité de la population et non l’origine de cette population.

Alors que faut-il en penser ?

Il serait stupide de nier que la progression démographique ne peut que poser le problème des ressources limitées de la planète, de sa finitude physique et plus particulièrement du mode de vie.

On le sait, l’extension à l’ensemble de la planète du mode de vie occidental et particulièrement du mode de vie américain est impensable car insupportable, insoutenable pour notre univers fini, la Terre.

Cela ne peut que nous conduire à stabiliser, voire réduire à défaut de s’engager franchement vers une décroissance des activités qui ont le plus fort impact sur les ressources et l’environnement. Il faudra donc répartir, partager les richesses, attribuer beaucoup moins à ceux qui ont beaucoup et donner plus à ceux qui ont moins et construire un mode vie acceptable pour tous et pour l’écosystème qui nous permet de vivre.

C’est le credo de l’écologie politique : vivre tous différemment pour que tous vivent mieux et sans obérer les conditions d’existence de ceux qui vont suivre.

Hors de ce changement majeur, il n’est point de salut sauf à prêcher un malthusianisme démographique majeur.

Écopop prône lui un malthusianisme national-géographique. Halte à la densité de nos vallées et de nos alpages, mais il ne s’agit pas là de vouloir limiter les naissances endogènes pour contenir l’impact environnemental (certains en France ont lancé le débat) non, il s’agit là de la régulation des flux migratoires.

Comme quoi, à l’exemple de ceux qui voulaient «construire le socialisme dans un seul pays », Ecopop croie à l’écologie de l’entre-soi. Ineptie et source des plus graves dérives réactionnaires. Dans l’air (nauséabond) du temps en somme.

Si l’environnement est au cœur de la préoccupation écologiste, l’environnementalisme est étranger à l’écologie politique.

On a souvent fait appel à la nature contre la culture, source d’émancipation. On sait de quel bord furent ceux qui entonnèrent ces sornettes et de quel bord sont ceux qui l’entonnent encore. Vous savez ces fameux  «Mais ce n’est pas naturel…, c’est contre-nature… ».

L’unique défense de la nature peut s’accommoder de tout, même du pire.

David Rousset le rappelle à sa façon en exergue de son livre « L’univers concentrationnaire », ouvrage écrit à son retour des camps nazis :

« Il existe une ordonnance Gœring qui protège les grenouilles ».

Est-il nécessaire d’en rajouter ?

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