L’homme qui doit 4,9 milliards d’euros à une banque irresponsable.

Condamné à cinq d’emprisonnement, dont trois ferme et à la réparation intégrale du préjudice subi par la banque, 4,9 milliards d’euros – l’ex trader Jérôme Kerviel porte donc toute la responsabilité de la perte de cette somme colossale.

Jérôme Kerviel est donc reconnu coupable d’abus de confiance, d’introduction frauduleuse de données informatiques, de faux et usage de faux. Aucun des arguments de la défense, selon laquelle la banque « savait » n’a été retenu par la cour.
Dans cette affaire n’est-il pas aussi stupéfiant que la Société Générale affirme en toute bonne foi qu’elle n’en savait rien ou qu’elle ait su ce qu’il en était des opérations hautement spéculatives de Jérôme Kerviel ?

C’est arrivé à chacun d’entre nous de se faire tirer les oreilles pour un dépassement de découvert, un problème de trésorerie, une gestion de son compte avec des périodes excédant le nombre de jours autorisés de découvert , en général la banque vous le fait savoir très très vite.

Là il s’agit de la perte de près de 5 milliards. Ainsi les outils performants, informatisés existant pour remettre dans le droit chemin n’importe quel quidam faisant une utilisation un peu dispendieuse de ses moyens de paiement ont été totalement déficients pour des opérations de marché à ce niveau d’engagement.

Alors au courant ou pas au courant la banque ? En tout cas totalement irresponsable dans tous les sens du terme. On aurait préférer un jugement indiquant que le comportement de la banque relevait de l’irresponsabilité, plutôt que de la déclarer ignorante donc non responsable.

Quant à Jérôme Kerviel, on se demande ce que ça peut faire de se sentir débiteur auprès de son ex-employeur banquier de surcroît de la somme de 4,9 milliards d’euros ?

A-t-il consulté un banquier pour travailler à un plan de financement de sa dette ?

Faisons comme si Jérôme Kerviel avait fait un emprunt.

Sachant que la capacité de remboursement d’un emprunt c’est le montant des liquidités qui peuvent être dégagées à l’échéance pour le rembourser et que pour les prêts remboursables mensuellement par un particulier, ce sont ses revenus mensuels moins ses charges incompressibles en combien d’années Jérôme peut-il rembourser ?

Cela fera peut-être l’objet de test d’embauche chez les prétendants au trading ou aux exercices de notation des Moody’s ou autre Standard & Poor’s.

Soulignons néanmoins le réalisme de la banque. Pragmatiques, les banquiers sont sympas.

« Comme elle l’avait indiqué lors du jugement de première instance, la banque saura trouver avec toutes les parties concernées une solution réaliste et mesurée concernant le recouvrement des dommages et intérêts qui lui ont été accordés ».

Une solution réaliste et mesurée, y a intérêt, de toute façon ils n’ont pas le choix.

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