Accès aux soins : ce qui se prépare avec un nouveau quinquennat de Nicolas Sarkozy. Au secours ! Stop !

D’abord le bilan des années Sarkozy en matière de santé :

La loi Hôpital, patients, santé et territoire (HPST) visait à faire fonctionner ensemble les hôpitaux, grands et petits, pour créer de véritables territoires de santé. Mais aussi décider d’un patron pour l’hôpital:  directeur ou médecin? «Il faut un patron à l’hôpital», a répété à tout-va Nicolas Sarkozy.

La loi HPST a cristallisé beaucoup de conflits et de rancœurs. La réorganisation a été douloureuse. Deux ans plus tard, le malaise hospitalier reste entier. Et surtout il se nourrit d’une rigueur budgétaire inédite: pour la première fois, le personnel soignant a diminué dans les hôpitaux français.

Tout un tas de mesures ont été adoptées ces dernières années, grignotant les remboursements des soins par la sécurité sociale. Beaucoup sont passées inaperçues car techniques, d’autres ont fait un peu plus de bruit, comme la baisse des indemnités journalières pour une partie des salariés malades. Mises bout à bout, toutes ces mesures, souvent prises par voie réglementaire, constituent une régression du droit des malades.

Le quinquennat de Sarkozy, c’est d’abord des déremboursements de médicaments à la pelle. C’est aussi la hausse du reste à charge pour les actes de soins dits coûteux. Le ticket modérateur, part qui reste à la charge du patient, n’est désormais plafonné que pour les frais supérieurs à 120 euros (et non 91 jusqu’ici). Par ailleurs, un décret a rendu plus difficile le remboursement des frais de transport, le patient doit désormais apporter la preuve de son incapacité médicale à se rendre seul à l’hôpital. Enfin, dernier exemple d’attaque en date: la baisse des indemnités journalières pour les salariés malades. La sécurité sociale verse désormais 1200 euros maximum d’indemnités chaque mois contre 1470 euros auparavant.

Les malades sont les premières victimes de ces attaques. Les associations s’inquiètent et alertent sur une réalité: de plus en plus de salariés malades cachent leur pathologie à leur employeur, continuant à travailler pendant leur traitement, pris à la gorge financièrement.

Source : Libération

Et maintenant ce que nous réserve Nicolas Sarkozy :

Année 2012 : rigueur et austérité en toile de fond pour les établissements ?

Si l’année 2011 fut difficile pour nombre d’établissements, 2012 sera probablement le point de départ d’une véritable politique managériale de rigueur pour l’ensemble des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. En effet l’hôpital, acteur majeur du système de santé, ne vit pas isolé dans sa bulle et ne peut en conséquence s’exonérer d’une participation active à l’amélioration des finances publiques. Ce constat explique en partie la contribution attendu de lui dans le cadre des 500 millions d’euros d’économies supplémentaires demandées par le gouvernement dans le dernier plan de rigueur.

En ramenant l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) de 2,8 à 2,5%, il a été nécessaire de déterminer les secteurs sur lesquels les mesures d’économie pouvaient porter. Si les principales contributions au plan de rigueur en santé sont demandées au secteur privé : médicament à hauteur de 290 millions d’euros, décotes tarifaires en radiologie et en biologie à hauteur de 90 millions d’euros ; le secteur public contribuera de son côté par la diminution des dépenses médico-sociales à hauteur de 20 millions d’euros et par la baisse de dotation du fond de modernisation des établissements de santé publics et privés pour 15 millions d’euros.

Et ce n’est qu’un début puisque le gouvernement demande que l’ONDAM reste fixé à 2,5% jusqu’en 2016 en indiquant, dans le rapport adopté par les parlementaires :  » compte tenu d’une évolution tendancielle légèrement supérieure à 4% de ces dépenses, un effort d’économie de plus de 2,5 milliards d’euros chaque année est nécessaire. Ces économies seront justement réparties entre effort de maîtrise médicalisées des dépenses de soins de ville, baisse des coûts des médicaments par le développement des génériques et l’action sur les prix des produits, amélioration de l’efficience hospitalière et convergence tarifaire « .

À la clef de cette politique d’austérité, c’est le retour à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale à l’échéance 2015 qui est espéré.

Mais cet objectif est-il réaliste ou connaitra t-il le sort du  » zéro déficit à l’hôpital en 2012 « , dont on mesure aujourd’hui à quel point il était utopique ?
Quelle pourra être la contribution effective des hôpitaux à cette politique de rigueur au regard de l’évolution de la masse salariale notamment catégorielle ? Au cours de l’année écoulée la croissance des charges a été de 3,1% d’après les indications de la Fédération hospitalière de France (FHF) alors que l’évolution de l’ONDAM aura été de 2,8%. Les établissements ont été contraints de freiner sur tous les postes de dépenses : logistique, achat et personnel par toutes sortes de mesure dont le non remplacement des départs en retraite. Jusqu’où peut-on encore aller ? Le collectif inter-associatif sur la santé (CISS) a récemment rendu public les résultats d’un sondage sur les conséquences du plan de rigueur quant à l’accès aux soins. Il en résulte que les Français redoutent, à une large majorité, les effets de cette politique d’austérité sur leur santé… […]

Source : LA LETTRE DES RESSOURCES HUMAINES DANS LES ÉTABLISSEMENTS SANITAIRES, SOCIAUX ET MÉDICO-SOCIAUX. Catherine Hontebeyrie-Soulié.

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