Travail, famille, xénophobie…et nucléaire

Nous l’écrivions ici il y a 10 jours, Sarkozy plombé par un bilan désastreux et accablant au regard de ses propres engagements lors de la campagne de 2007 n’a plus qu’une seule carte à jouer : la fuite en avant.

Préparant le terrain avant son entretien à paraître dans le Figaro Magazine, la sortie de Claude Guéant : « Toutes les civilisations ne se valent pas », donnait déjà le ton.

Les contours de la campagne de l’UMP se précisent, sa nature s’affirme : ordurière.

La chasse est ouverte, de préférence en battue : étrangers, chômeurs, précaires de tous bords. Sans l »évolution des mentalités et la dépénalisation de l’homosexualité adoptée sous la gauche l’interdisant, il aurait jeté cash l’opprobre sur les homosexuels.

La chasse est donc ouverte. Les rabatteurs affûtent leur haine. L’arme au pied, les Morano, Lefebvre, Estrosi et consorts sont prêts.

Chômage. Les dernières données de Pôle-Emploi, Nicolas Sarkozy n’en a cure.

Nucléaire. Révélé par la Cour des comptes, la filière nucléaire a coûté 228 milliards d’euros d’investissement public. Un coût du mégawatt réévalué à 49,50 euros. Soit un niveau quasi équivalent à l’éolien. Ne parlons pas du tarif de ce qui est présenté comme la filière de l’avenir : entre 70 et 90 euros pour l’EPR !

« Vouloir fermer Fessenheim, c’est un scandale, parce que c’est sacrifier l’emploi qui est le vôtre à des arrière-pensées politiciennes. ».

Risque du nucléaire, coût de l’énergie, Nicolas Sarkozy n’en a cure.

Triomphe de la haine, triomphe de la démagogie.

Au-delà des résultats du 22 avril et du 6 mai, Sarkozy dessine aussi ainsi les contours idéologiques de la recomposition de la droite après une défaite qui semble sinon inéluctable du moins absolument nécessaire.

Les idées nauséabondes mises en avant aujourd’hui étaient déjà largement labourées dès 2007. Quelques mois après l’élection de Nicolas Sarkozy, le philosophe Marc-Vincent Howlett, analysait dans un ouvrage remarquable l’essence du sarkozysme.

Intitulé Triomphe de la vulgarité, il nous disait les ressorts de cette régression politique.

Un entretien avec lui à réécouter ici. Édifiant.

Le Triomphe de la vulgarité, L’Olivier, 2008.

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